Le musicien australien Jo Loewenthal, frontman du groupe Tora, relance le débat sur la transparence de l’industrie musicale après avoir publié des échanges internes entre plusieurs organismes de gestion des droits. Comme l’a révélé Unmixed, l’artiste affirme avoir obtenu, via une demande d’accès aux données, des emails montrant des discussions entre différentes sociétés de perception autour de ses propres requêtes.

Selon lui, ces documents illustreraient une forme de coordination destinée à limiter son accès à des informations détaillées sur la collecte et la répartition de ses royalties. Sur Instagram, Jo Loewenthal résume l’affaire de façon frontale : “They were talking about me behind my back. And I have the emails.” Il présente cette bataille comme un problème qui dépasse son cas personnel et concernerait, selon lui, les artistes du monde entier.

Toujours d’après Unmixed, le chanteur dit avoir repéré de nombreuses anomalies dans les données reçues, parmi lesquelles des doublons massifs, des entrées négatives inexpliquées et l’absence d’éléments suffisamment précis pour vérifier certains calculs de rémunération. Il critique un système qu’il juge trop opaque, reposant sur des intermédiaires multiples et sur des mécanismes hérités d’une autre époque.

Dans ses publications, Loewenthal appelle les créateurs à se mobiliser autour du mot d’ordre “ARTICLE 15”, en référence au droit d’accès aux données personnelles. Il défend l’idée d’un modèle plus transparent, capable de rémunérer les artistes directement et plus rapidement, à travers ce qu’il appelle le “Direct Programmable Licensing”. Pour lui, le système actuel de blanket licensing, pensé historiquement pour un autre contexte technologique, n’est plus adapté à l’ère du streaming.

L’affaire a franchi un nouveau cap le 14 avril 2026, date à laquelle Jo Loewenthal a annoncé avoir engagé une action en justice contre Universal Music Publishing Pty Limited devant la NSW Supreme Court en Australie. Une escalade qui pourrait attirer davantage l’attention sur les méthodes de suivi, de traitement et de redistribution des royalties à l’international.

Unmixed précise être en contact avec l’artiste et poursuivre ses recherches sur le dossier. De son côté, Loewenthal continue de médiatiser son combat sur les réseaux sociaux, où il appelle non seulement les artistes, mais aussi les auditeurs, à soutenir plus directement les musiciens — via l’achat de billets, de disques ou encore le partage de leur travail.

À ce stade, les accusations relayées par Jo Loewenthal s’inscrivent dans une démarche militante et judiciaire encore en cours. Mais elles remettent déjà en lumière une question centrale pour l’industrie musicale contemporaine : les artistes ont-ils réellement accès aux données qui déterminent leur rémunération ?

Source : reportage d’Unmixed, complété par les publications Instagram de Jo Loewenthal.