Quand Tomorrowland transforme ses hymnes électroniques en patrimoine symphonique
Tomorrowland n’est plus seulement un festival. C’est un univers narratif, une machine à souvenirs, et désormais, un répertoire presque patrimonial. Avec la mise en ligne de la performance complète de la Symphony of Unity, le géant belge poursuit une démarche déjà bien entamée : inscrire la musique électronique dans une histoire longue, presque classique.
Sur la Freedom Stage, l’orchestre a livré un set d’une heure revisitant certains morceaux emblématiques de la culture dance et de l’ADN Tomorrowland. De Insomnia de Faithless à Café del Mar d’Energy 52, en passant par Titanium de David Guetta & Sia ou Don’t You Worry Child de Swedish House Mafia, ces titres changent ici de statut. Ils ne sont plus seulement des bangers de festival : ils deviennent des œuvres à interpréter, à transmettre, à rejouer.
Ce projet orchestral n’est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière en 2025. La Symphony of Unity s’est produite cette année aussi bien en Belgique qu’aux États-Unis, notamment lors de l’événement UNITY au Sphere de Las Vegas, et plus tard à l’Antwerp Expo. Une manière pour Tomorrowland d’exporter son imaginaire au-delà du dancefloor, vers des espaces habituellement réservés aux spectacles “prestige”.
Ce choix artistique dit quelque chose de l’évolution du festival. Là où la musique électronique a longtemps été perçue comme éphémère, liée à l’instant et au club, Tomorrowland revendique aujourd’hui une mémoire. Ces morceaux, joués par un orchestre, deviennent des marqueurs générationnels, des références communes, presque des standards.
Impossible de dissocier cette performance du contexte de l’édition 2025. Deux jours avant l’ouverture, un incendie a ravagé la mainstage originale. Un coup dur majeur pour un festival aussi scénographié. Pourtant, l’événement a bien eu lieu, réorganisé dans l’urgence, avec près de 850 artistes répartis sur 16 scènes. Dans ce cadre, la Symphony of Unity prend aussi une autre dimension : celle d’un symbole de continuité, de résilience et de cohésion.
En orchestral, Tomorrowland ne cherche pas seulement à impressionner. Le festival raconte son propre héritage, et rappelle que la musique électronique, elle aussi, a désormais ses classiques.

