
Les festivals durables ne sont plus une exception, ils deviennent un standard
Alors que l’année écoulée a été marquée par des tensions géopolitiques et une instabilité globale persistante, une partie du secteur événementiel a choisi de ne pas ralentir ses engagements environnementaux. En 2025, vingt-cinq festivals et événements répartis sur douze pays et quatre continents ont obtenu la certification A Greener Future, confirmant une dynamique de fond plutôt qu’un simple effet d’annonce.
Créée pour accompagner la transition écologique du secteur culturel, la certification AGF repose sur un cadre d’évaluation exigeant et concret, conçu spécifiquement pour les événements. Elle prend en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, allant de la gestion des déchets et de l’énergie aux questions de mobilité, de biodiversité, d’égalité et d’ancrage local. Loin d’un label décoratif, le processus implique audits indépendants, visites de site et analyses post-événement.
Parmi les festivals distingués figurent des acteurs déjà reconnus pour leur engagement, comme Boom Festival au Portugal ou Paradise City en Belgique, souvent cités comme références en matière de durabilité. Mais l’édition 2025 marque aussi l’entrée de poids lourds culturels et musicaux dans le dispositif. Le Montreux Jazz Festival, Ultra Music Festival à Miami ou encore le tout nouveau LIDO Festival à Londres rejoignent la liste, signalant un changement d’échelle dans l’adoption de pratiques plus responsables.
Ce basculement est significatif. Il montre que la durabilité n’est plus cantonnée aux événements alternatifs ou de niche, mais qu’elle devient un enjeu structurant pour des festivals à forte visibilité internationale. Pour certains organisateurs, la cetification a servi de cadre pour structurer des démarches jusque là dispersées. Pour d’autres, elle agit comme un levier de crédibilité et un outil de pilotage à long terme.
La diversité des événements certifiés, des festivals de musique électronique aux rendez-vous de cinéma, de mode ou de musiques traditionnelles, souligne également que la transition écologique du secteur culturel ne repose pas sur un modèle unique. Elle s’invente à différentes échelles, selon les territoires, les publics et les contraintes locales.
Les festivals et événements certifiés seront mis à l’honneur lors de la Green Events & Innovations Conference à Londres, avant d’être automatiquement nommés pour les International AGF Awards 2026. D’autres candidatures sont déjà en cours pour l’année prochaine, signe que la dynamique est loin de s’essouffler.
Dans un contexte où le greenwashing reste une tentation constante, ces démarches rappellent une chose essentielle : rendre un événement plus durable n’est ni immédiat ni parfait, mais c’est un processus mesurable, collectif et évolutif. Et de plus en plus, le public, les artistes et les territoires attendent que cette promesse soit tenue.

