
Tektonik n’est pas une danse. L’électro, si.
Depuis quelques semaines, les articles s’enchaînent. La Tektonik revient, la Tektonik nostalgie, la Tektonik génération Y2K. Problème : dans la majorité de ces papiers, on parle d’une danse qui n’existe pas vraiment.
Car ce que beaucoup appellent encore Tektonik s’appelle, en réalité, la danse électro.
« Dès le départ, c’est de l’électro dance. La Tektonik, c’était une marque », rappellent Jihane et Hamza, président·e et membre fondateur de l’association Citélectro, basée à Stains. Une précision essentielle, trop souvent oubliée. La Tektonik a été un mouvement, un moment précis de l’histoire des clubs et des médias français des années 2000. Elle a contribué à populariser l’électro, certes. Mais elle n’en est ni l’origine, ni la définition.
La danse électro naît dans les clubs, pas dans les rues. Elle se construit sur la musique électronique, les battles, la performance, l’énergie collective. Elle partage des codes avec le hip-hop, l’underground, la compétition, la transmission, mais son ADN est ailleurs. « On ne vient pas du même endroit », expliquent-ils simplement.
Aujourd’hui, l’électro a grandi. Elle s’est structurée. Elle a nommé ses bases, développé ses techniques, ses pédagogies, ses formations. Elle s’enseigne, se débat, se transmet. Elle existe sur scène, dans les battles internationaux, dans les conférences, les workshops, les camps, les événements culturels et sociaux. À Stains, Citélectro mène ce travail à double niveau : faire vivre la communauté électro tout en l’ouvrant à des publics qui n’y avaient jamais accès.
Et surtout, l’électro a dépassé le réflexe du « ah, tu fais de la Tektonik ». Pas totalement, la confusion persiste, mais suffisamment pour gagner une reconnaissance réelle dans le monde de la danse. En France, mais aussi à l’international. Japon, Corée du Sud, nouveaux pays émergents : la scène électro continue de s’étendre.
« L’électro, ce n’est pas juste des mouvements. C’est une culture. »
Une culture qui évolue avec son temps, qui se confronte aux réseaux sociaux sans s’y perdre, qui revendique une vision artistique plutôt qu’une simple tendance. Une culture portée par des danseur-euses, des collectifs, des associations, des activistes du mouvement.
Alors oui, appeler ça Tektonik n’est pas « grave ». Mais réduire l’électro à ce mot, c’est passer à côté de tout ce qu’elle est devenue. Une danse jeune, structurée, vivante. Une danse du présent, du futur, et pas seulement d’une nostalgie marketing.
Et pour ceux qui veulent vraiment comprendre : il suffit de regarder où ça danse encore. Et comment.

