À l’heure où Ibiza entre à nouveau dans sa saison des nuits blanches, In-between Ibiza choisit de regarder le clubbing autrement. Avec A Shot in the Dark, la galerie de Dalt Vila accueille une exposition solo du photographe australien capturecharles, pensée comme une archive sensible des dancefloors contemporains, entre portraits d’artistes et instants volés au cœur de la foule. L’exposition se tient du 17 avril au 8 mai 2026.

Il existe mille façons de documenter la nuit. Certains la racontent par la musique, d’autres par les line-ups, les aftermovies ou les souvenirs un peu flous du petit matin. capturecharles, lui, la photographie sur pellicule, au plus près des corps, de la sueur, du mouvement et de ces micro-instants qui disent souvent plus sur une scène que n’importe quel récit officiel.

À In-between Ibiza, sa nouvelle exposition A Shot in the Dark s’annonce justement comme cela : non pas une célébration figée de la nightlife, mais une manière de saisir ce qui la traverse vraiment — la présence, la liberté, l’élan collectif, et tout ce qui se joue entre la scène et le dancefloor. Présentée du 17 avril au 8 mai 2026 dans la galerie située à Dalt Vila, l’exposition réunit pour la première fois en un seul ensemble une partie de son travail consacré à la culture club internationale.

Le nom de capturecharles circule déjà largement dans l’écosystème électronique et pop. Son objectif a croisé des figures comme Charli XCX, KI/KI, FISHER, Keinemusik, Skrillex, Peggy Gou, Skin On Skin, Eliza Rose, Skepta ou encore Chloe Caillet. Mais ce qui rend son travail intéressant ne tient pas seulement à la liste des artistes photographiés. C’est surtout sa façon de traiter la nuit non comme un décor spectaculaire, mais comme un espace humain, traversé par des moments d’abandon, d’intimité, de style et d’appartenance.

Selon la présentation de l’exposition, A Shot in the Dark se déploie en deux volets : une série d’images liées à des artistes et institutions au cœur de la culture club actuelle, et une collection plus documentaire de clichés candides pris sur des dancefloors à travers le monde, dont certains seront proposés à la vente en éditions limitées. Le résultat promet moins un simple accrochage “music photography” qu’une forme d’archive visuelle de la vie nocturne récente, construite depuis l’intérieur même des foules.

Le choix du lieu n’a rien d’anodin. In-between Ibiza, jeune galerie installée entre l’entrée du château et le Musée d’Art Contemporain d’Ibiza, s’est donnée pour mission de faire dialoguer tradition et modernité à travers des artistes en résonance avec l’identité libre et cosmopolite de l’île. Dans ce contexte, accueillir le travail de capturecharles a presque valeur d’évidence : Ibiza n’y apparaît pas seulement comme décor ou destination, mais comme point de rencontre entre art, musique, communauté et mémoire nocturne.

Il y a aussi quelque chose d’assez juste dans le timing de cette exposition. Alors que la culture club est souvent réduite à ses têtes d’affiche, à ses chiffres ou à ses images les plus léchées, A Shot in the Dark semble vouloir ralentir le regard. Rappeler que la nuit n’est pas qu’un produit ou une vitrine, mais aussi un lieu de connexion, d’expression et de présence. Et qu’au fond, les dancefloors les plus marquants sont peut-être ceux qu’on apprend à revoir autrement, une fois la musique retombée.