Chaque année, Horst rappelle que le mot “festival” est un peu trop étroit pour lui.

Oui, il y a une programmation musicale. Oui, il y a des têtes d’affiche, des lives, des DJ sets. Allez voir notre dernier article à ce sujet ICI! Mais à Vilvoorde, à Asiat Park, ce qui se joue dépasse largement la succession de scènes et de créneaux horaires. Horst travaille un site, presque comme on cultive un sol.

Après avoir annoncé une programmation musicale 2026 tournée vers l’évolution plutôt que la répétition, le festival dévoile aujourd’hui son programme arts & architecture. Et ce n’est pas un supplément décoratif. C’est une extension logique.

Du 14 au 16 mai 2026, Asiat Park redeviendra ce territoire hybride où l’art, l’architecture et la culture club dialoguent au même niveau.

Faire de l’art un espace partagé

Louise Goegebeur, Head of Arts, parle de multiplicité comme d’une condition nécessaire de l’espace public. L’idée est simple : un lieu vivant n’est pas homogène. Il est traversé.

Cette édition pousse encore plus loin les logiques de collaboration et d’autorat collectif. Horst s’associe à The Constant Now pour présenter une nouvelle performance de Fallon Mayanja. Le projet a été développé lors d’un atelier collectif d’une semaine réservé aux personnes racisées. Pendant le festival, la pièce prendra forme chaque jour, mêlant voix, son et mouvement. Une création pensée comme un processus, pas seulement comme un résultat.

Paul Maheke, en collaboration avec la curatrice Evelyn Simons, proposera une œuvre entre installation et performance live, autour des notions de transition, de corps et de passage. Un travail qui résonne naturellement avec l’idée même du site : un ancien espace militaire en transformation.

Le samedi soir, Queereeoké amènera son karaoké inclusif. Sur le papier, c’est simple. En réalité, c’est une manière très directe de redistribuer la scène et de rappeler que l’espace festif peut être un espace d’expression.

Horst laisse aussi une vraie autonomie à des collectifs comme Apolemia et Anal Pompidou. Ces derniers investiront un bâtiment jusqu’ici inaccessible. Leur proposition est volontairement abrasive, bricolée, excessive. À Horst, l’expérimentation ne se fait pas sous cloche.

Construire plutôt que décorer

Le programme architectural poursuit le même raisonnement. Les structures ne servent pas uniquement à abriter la musique, elles produisent des situations.

Bureau Bas Smets réinstalle Building Biospheres, présenté à la Biennale d’Architecture de Venise, dans le Rain Room. Des étudiants de l’école horticole Horteco participent à la réinstallation. Ce détail compte : l’architecture n’est pas pensée comme un geste isolé mais comme un processus partagé.

Building-Biospheres-by-Bureau-Bas-Smets Photo-Credit-Michiel-de-Cleene

TAKK imagine une nouvelle structure intérieure temporaire. TEd’A arquitectes revisite la scène Moon Ra. L’ÉQUIPE architectes conçoit une entrée inspirée des tunnels de lavage automobile, transformant l’arrivée en expérience physique.

The-Day-After-House-by-TAKK

Certaines œuvres, comme celle de Delphine Dénéréaz, resteront après le festival. Horst continue ainsi son travail de fond sur Asiat Park, participant à la mutation progressive du site en espace public vivant.

Delphine-DenereazLe-Palais-dHarmonia

Un écosystème plus qu’un line-up

Le programme arts & architecture se déploie aux côtés de plus de 120 artistes côté musique, entre figures internationales et scène belge.

Mais ce qui distingue Horst n’est pas seulement la qualité des noms. C’est la manière dont tout est pensé ensemble,les scènes, les installations, les performances, les publics. Horst 2026 ressemble moins à un événement qu’à une tentative. Celle de fabriquer, le temps d’un week-end, une forme d’espace commun.

Les candidatures pour le Horst 2026 Atelier ouvrent le 19 février.