
Alors oui, on parle beaucoup d’IA et musique en ce moment, mais le sujet avance trop vite et les régulations et questions éthiques pas assez. Alors si on peut accélérer la chose en parlant des dérives et des contre attaques, on est là!
Au menu IA aujourd’hui : et si, pour lutter contre les IA qui utilisent la musique disponible en ligne pour s’entraîner, il suffisait de leur donner de la très, très, trèèèèèès mauvaise musique ?
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C’est en tout cas l’idée derrière Uploading Crappy Music Everywhere to Confuse Gen AI, une série lancée par le musicien américain MattstaGraham en 2025. Le principe : composer volontairement des morceaux chaotiques, dissonants et difficiles à exploiter, les publier en ligne et espérer qu’ils finissent un jour dans les datasets utilisés pour entraîner des générateurs musicaux. Il appelle lui-même ces morceaux des “anti-bangers”.
Son premier essai, Piss Champ, joue notamment avec un piano désaccordé et une production volontairement bordélique. Depuis, d’autres musiciens ont expérimenté avec la même idée. En février 2026, le Canadien Luke Nickle a par exemple publié le très explicite hey ai come train on this song, dans lequel il invite ironiquement l’IA à scraper sa voix, ses accords et ses paroles.
Pour celles qui ont la ref, ça fait beaucoup penser au Get Schwifty de Rick and Morty.
L’initiative arrive dans un contexte où la question de l’utilisation des catalogues musicaux pour entraîner les IA est devenue impossible à ignorer. Suno reconnaît désormais officiellement que ses modèles ont été entraînés sur des dizaines de millions de fichiers musicaux accessibles publiquement sur Internet, dont certains sont protégés par le droit d’auteur.
So what? est-ce que publier quelques morceaux volontairement catastrophiques peut réellement dérégler une IA ? Probablement pas à cette échelle, malheureusement. Les véritables techniques de data poisoning étudiées aujourd’hui sont beaucoup plus complexes et utilisent notamment des perturbations audio spécialement conçues pour tromper les modèles tout en restant presque imperceptibles pour l’oreille humaine.
L’“anti-banger” ressemble donc pour l’instant plus à une protestation artistique qu’à une cyberattaque efficace. Si les entreprises d’IA considèrent toute musique disponible en ligne comme une potentielle matière première, il faut aussi prendre en compte qu’elles s’inspirent de musique « de merde » volontaire ou…involontaire.

