
Quand on parle de clubs et de festivals, il ne s’agit pas seulement de musique ou de DJs. On parle de souvenirs qui restent dans le corps et qui ressurgissent avec des frissons, de nuits qui marquent une période de vie, de moments où l’on vient danser parce qu’on va bien, parce qu’on va mal, parce qu’on cherche à oublier quelque chose ou à se retrouver quelque part.
La fête a toujours eu cette fonction d’offrir un espace où l’on peut lâcher prise et disparaître un peu. Évidemment, ce besoin vital de danser a été gentrifié, capitalisé pour devenir une industrie extrêmement lucrative. Et le public est lui, devenu plus exigeant…
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Mais….ce que raconte notre enquête, ce n’est pas ce public qui demande toujours plus d’écrans ou plus d’argent pour les headliners. C’est un public qui demande d’abord que les bases soient respectées. des bases vitales et sécuritaires.
Sur 103 réponses complétées, près de 8 répondant-es sur 10 disent avoir déjà été témoins ou victimes d’un comportement problématique en club ou en festival.
En club, 63% déclarent avoir souvent ou très souvent eu le sentiment que le lieu était trop rempli.
En festival, 88% disent avoir déjà eu au moins parfois l’impression que le confort du public passait après la rentabilité.
Et la question économique revient partout, tout le temps, 94% pensent que les cachets très élevés de certains headliners ont probablement ou clairement un impact sur le prix des billets, tandis que 89% aimeraient plus de transparence sur la manière dont ces prix sont construits.
Ce que les ravers nous confient, c’est une fatigue face à tout ce qui abîme ces évènements. Une liste non exhaustive : la surcapacité, le manque d’eau, les espaces mal pensés, les prix qui montent, les publics parfois agressifs, les politiques de sécurité floues, les linups qui se répètent etc etc…
Les ravers veulent toujours danser. Mais iels ne veulent plus que leur besoin de faire la fête serve d’excuse pour remplir les poches de gens qui se fichent d’elleux.
Ce qu’iels demandent n’a absolument rien d’extravagant. Plus d’espace, du BON son bien réglé, du soin, de la sécurité, des prix compréhensibles et le sentiment d’être considéré-es autrement que comme une jauge à remplir.
Le peuple veut de l’AIR!
Danser sans se retrouver compressée côte à côte avec un torse nu qui transpire c’est possible ou pas?
Dans notre enquête, 63% des répondant-es disent avoir souvent ou très souvent eu le sentiment qu’un club était trop rempli. Si l’on ajoute les personnes qui répondent “parfois”, ce chiffre monte à 92%. Autrement dit, la surcapacité n’apparaît pas comme un incident isolé, mais comme une expérience devenue presque ordinaire pour une grande partie du public.

Une répondante décrit une salle “tellement remplie qu’il fallait 30min pour la traverser et 30min pour avoir un verre au bar”. Une autre résume une soirée avec KI/KI comme “overcrowded x1000”, avec des gens qui poussent, traversent la foule sans regarder, et “impossible de trouver le moindre endroit pour danser en paix”. À Londres, une soiée devient même une question de sécurité avec deux heures de queue en hiver, puis des mouvements de foule au moment du headliner, jusqu’à provoquer une crise d’angoisse chez une amie.
Les chiffres sur ce qui décourage le plus d’aller en club vont dans le même sens. 65% citent les prix trop élevés, 58% citent le public, 56% citent la surcapacité, et près de 46% mentionnent les comportements sexistes, racistes, homophobes ou transphobes. La fatigue vient donc de plusieurs facteurs et de leur accumulation : payer cher pour une soirée trop pleine, dans un public parfois agressif ou peu attentif, avec trop peu d’espaces pour souffler.

À l’inverse, et on vous en parlera un peu plus plus bas, les bonnes expériences citées par les ravers sont très concretes. Il faut : de la place pour danser, un staff présent sans être oppressant, un soundsystem propre et bien réglé, une crowd qui vient pour la musique, des espaces où se poser, une gestion des flux bien faite. Au final, les ravers qui passent une bonne soirée ont des critères qui sont facilement atteignables pour les events!
De la liberté mais pas sans sécurité!
C’est l’un des topics les plus ambivalent de cette enquête. La raison? La sécurité dépend encore trop du lieu, de la soirée, du staff ou du collectif.
Sur 103 réponses complétées, près de 77% des répondant-es disent avoir déjà été témoins ou victimes d’un comportement problématique en club ou en festival. En club, seulement 17% déclarent se sentir “toujours” en sécurité, tandis que 43% répondent que cela dépend beaucoup du lieu.
“La fois où je me suis faite agressée à Virage. J’étais tétanisée, mais j’ai réussi à aller voir un gars de la sécurité qui a tout fait pour qu’on retrouve le type qui m’avait agressée… J’ai eu le sentiment d’être prise très au sérieux, ils ne rigolaient pas avec ça, et en même temps un peu brusquée de devoir faire 10 fois le tour du club alors que je sentais encore ses mains sur moi pour essayer de retrouver un type que je souhaitais ne plus jamais recroiser.”
“Point positif : des agents de sécurité sont venus vérifier que j’allais bien avec un maximum de discrétion après m’avoir vue en difficulté, et j’ai fait de belles rencontres au hasard. Point négatif : des mecs qui essaient de m’embrasser ou plus, et des filles qui me marchent dessus pour aller devant juste pour se montrer.”
“Visiter Tokonoma, voir la manière dont ils prennent soin de leur public et s’assurent que tout le monde est en sécurité et heureux, a créé une ambiance incroyable. Des points d’eau gratuits avec du citron, des fruits ou du concombre, des systèmes d’alerte contre les prédateurs, de la nourriture saine comme des fruits, des carottes ou des bowls énergétiques… Ces petits détails aident énormément.”
“Des tentatives d’attouchement sur une amie qui semblait peu réceptive sur le dancefloor à cause de sa prise de drogue. La performance de l’expérience de la techno par le nouveau public : outfits clichés mascus pour les hommes, et ils prennent BEAUCOUP de place sur le dancefloor.”
“J’étais une fois avec une amie en club. On a voulu aller devant pour profiter du soundsystem et être plus proche du DJ. Toutefois, c’est une soirée où beaucoup de personnes, d’hommes en particulier, ne venaient pas du monde de la techno et étaient bourrés. À cette soirée, je me suis prise une main aux fesses, un homme m’a demandé de l’embrasser deux fois en trois minutes de conversation alors que l’on ne se connaissait pas, et ma copine a eu un homme qui ne voulait pas arrêter de la prendre dans ses bras. Il a fallu que je la tire par le bras pour que nous partions, qu’il nous suive et que je lui tienne tête en passant pour la ‘rabat-joie’ pour qu’il nous lâche. C’est une soirée où nous ne nous sommes évidemment pas senties en sécurité, mais c’est aussi la seule soirée où je suis sortie sans ami masculin.”
“Accompagner mes amiEs dans des soirées où on en est à compter le nombre d’hommes très désagréables qui viennent pour ‘draguer’ mais ne sont que lourds et ne comprennent pas un non.”
Il apparait alors qu’être en sécurité, selon les ravers interrogé-es, veut dire pouvoir danser sans devoir constamment anticiper le pire, savoir vers qui se tourner, et avoir la certitude qu’un problème signalé ne sera pas minimisé.
Zoom sur ce que veut le peuple en festival!
Le public veut des événements plus praticables. La critique porte su tout ce qui permet de tenir plusieurs heures, voire plusieurs jours, dans de bonnes conditions. 55% des répondant-es estiment que les festivals ne sont plus vraiment accessibles financièrement, et ce chiffre monte à 72% si l’on ajoute celles et ceux qui répondent qu’ils ne le sont que lorsqu’on s’organise très à l’avance. Le coût du pass n’est donc qu’une partie du problème : transport, logement, nourriture, boissons et frais sur place transforment souvent l’expérience en budget lourd à absorber.

88% des répondant-es disent avoir déjà eu au moins parfois le sentiment qu’en festival, le confort du public passait après la rentabilité. Quand on leur demande ce qui manque le plus, les réponses sont très terre-à-terre : des prix plus raisonnables, des toilettes plus propres, plus d’eau gratuite, plus d’ombre, une meilleure gestion des flux et des espaces de repos. Autrement dit, les demandes prioritaires ne relèvent pas du luxe ou de la scénographie spectaculaire, mais de besoins physiques élémentaires.

Lorsqu’on leur demande ce qui devrait être systématiquement disponible en festival, 72% citent l’eau gratuite, devant les zones d’ombre, les bouchons d’oreilles, les espaces calmes, les équipes de prévention visibles, les stands de réduction des risques, la possibilité de tester les substances, le personnel formé au consentement et au harcèlement, et les transports de nuit.
Les festivals gardent donc une place forte dans l’imaginaire des ravers, mais cette affection ne suffit plus à faire oublier les manques pratiques. Plus l’expérience est vendue comme totale, immersive et communautaire, plus le public attend que l’organisation suive jusque dans les détails les moins glamour mais vitaux comme l’eau, les toilettes, l’ombre, les flux, le repos, la prévention et le retour chez soi.
Un public qui veut comprendre ce qu’il paie
Sur 103 réponses complétées, 94% des répondant-es pensent que les cachets très élevés de certains headliners ont clairement ou probablement un impact sur le prix des billets. Et parmi les personnes ayant répondu à la question, 89% disent vouloir plus de transparence sur la manière dont ces prix sont construits.
Les ravers interrogé-es ne rejettent pas les headliners, mais beaucoup semblent fatigué-es de voir l’économie d’un événement tourner autour d’eux au détriment du reste. 81% des répondant-es trouvent problématiques les écarts de cachets entre headliners et artistes émergents, et seulement 6% préfèrent qu’un festival consacre une grosse partie de son budget à quelques très gros headliners. À l’inverse, la majorité dit préférer un line-up plus équilibré, avec plus de place pour les artistes intermédiaires, émergents ou locaux.

le public ne semble pas aussi dépendant des gros noms qu’on pourrait le croire. 76% des répondant-es seraient clairement ou probablement prêt-es à aller à plus d’événements sans gros headliner si les billets étaient moins chers. Ce chiffre remet en question une logique devenue presque automatique dans une partie de l’industrie il faut dépenser au max pour remplir.
Pour beaucoup de ravers, une bonne programmation se mesure la cohérence de la nuit, à la prise de risque, à la découverte et à la sensation que l’événement a été pensé comme une expérience musicale complète.
Cette attente rejoint un autre signal fort : 87% des répondant-es trouvent que les programmations se ressemblent trop, clairement ou parfois. C’est une impression de payer toujours plus cher pour voir circuler les mêmes noms et les mêmes drops…Quand les billets augmentent, le public semble attendre autre chose qu’un copier-coller de line-ups déjà vus ailleurs. Il veut sentir qu’un événement défend une direction artistique, qu’il prend soin de son public, qu’il donne une place aux découvertes, et qu’il ne transforme pas chaque soirée en simple produit d’appel autour d’un headliner.
Jusqu’où peut-on faire porter au public le coût d’un marché qui devient too much ? Les ravers ne demandent pas forcément la fin des gros cachets, ni la disparition des grands noms. Mais iels demandent plus d’équilibre, plus de clarté, et une programmation qui ne donne pas l’impression que tout le budget est parti dans une seule ligne du flyer.

Les ravers ne demandent pas des festivals parfaits. Iels demandent des festivals qui pensent à ce qui se passe entre de partout dans le festival. Iels ne veulent pas que des festivals capables de vendre un lineup, mais des festivals capables de prendre soin des gens qui la font exister.
Et c’est la même chose pour les clubs à leur échelle, les frustrations se concentrent souvent dans quelques mètres carrés : une salle trop remplie, un public qui pousse, une sécurité difficile à identifier, une chaleur mal anticipée, un prix qui semble grimper sans justification claire. Le dancefloor reste le cœur de l’expérience, mais encore faut-il pouvoir y danser. Quand l’espace disparaît, la nuit change de nature car elle offre moins d’abandon et plus de vigilance. Elle oblige à gérer son corps et celui des autres au lieu de le laisser partir dans la musique.
Clubs et festivals vendent plus qu’un accès à un dancefloor. Ils vendent des nuits, des week-ends, des souvenirs, parfois même des moments charnières dans une vie.
Si les orgas avaient autant d’attention envers leur public qu’iels en ont envers les headliners, l’expérience n’en serait que meilleure.
Bonus : écoutez ce que les ravers ont à vous dire
À la fin de cette enquête, on a voulu laisser la place aux réponses brutes. Parce qu’au-delà des chiffres, il y a des phrases qui disent très clairement ce que le public ressent, attend, refuse encore de tolérer, ou espère voir changer.
77 personnes ont répondu à cette question : “Qu’est-ce que tu aimerais dire aux clubs et festivals, si tu savais qu’ils allaient vraiment lire ta réponse ?”
- Merci pour ce que vous faites. On sait que ce n’est pas facile d’organiser ce genre d’événement, mais ne faites pas l’impasse sur les indispensables.
- Favorisez le local et les talents futurs. Programmez un gros artiste de temps en temps, mais seulement s’il suit la mentalité underground et joue avec passion, pas seulement pour l’argent.
- Tous les gens qui aiment la musique veulent vivre la meilleure expérience musicale possible. On paie pour la vivre, pas pour devenir un rouage de plus dans une machine à profit.
- Posez-vous les bonnes questions : quel est votre concept ? Quelle vibe voulez-vous transmettre ? Quelle communauté voulez-vous créer ? Le projet ne peut pas seulement être de miser sur des lasers et des gros noms pour brasser de l’argent.
- Je continuerai à vous soutenir et à dépenser mon argent dans vos billets et vos boissons pour que vous puissiez continuer, mais débarrassez-vous du public Instagram qui filme tout. Ils détruisent l’atmosphère.
- Concentrez-vous sur l’organisation, la fluidité et la sécurité plutôt que sur la rentabilité et les gros noms.
- Bookez-moi hihi.
- On vient pour le festival, pas pour le headliner. Investissez dans une entrée plus fluide : rien ne tue plus l’ambiance que d’attendre une heure dans une file.
- Arrêtez d’être ouverts tous les week-ends. Rendez chaque ouverture plus unique, comme pour les festivals.
- Rendez l’environnement moins artificiel et évitez les employé·es désagréables ou agressif·ves.
- Jouez des sets plus variés en club, parce que ça devient ennuyeux.
- Je viens pour entendre un certain style de musique. Honnêtement, je me fiche de qui joue si je sais que la musique sera bonne. L’expérience, le public et la créativité sont plus importants.
- Baissez vos prix. C’est insupportable de payer 20 euros pour un 00h-7h quand il faut encore payer les verres, le vestiaire et le taxi pour rentrer.
- La culture de la fête n’est pas une élite financière. Ne transformez pas les festivals et les raves en une tendance périssable et vidée de sa substance.
- Arrêtez l’indus et l’uptempo non-stop, c’est épuisant. Il n’y a que ça.
- Moins de surbooking.
- Ce qui m’intéresse, c’est ce qui reste réellement underground, tant que cela existe et reste accessible. Je suis autant intéressé·e par des pointures que je n’ai jamais vues que par de nouvelles découvertes et de belles surprises.
- C’est un débat contre un mur. Eux sont là pour l’argent, nous pour consommer. Ils n’arrêteront pas tant que les gens continueront à y aller.
- Faites plus de soirées hard music.
- Merci de nous faire rêver. Vous êtes entouré·es de personnes qui vous admirent : prenez-en soin et n’en faites pas des espaces d’auto-destruction.
- Construisez des line-ups cohérents et progressifs sans tout miser sur la popularité d’un artiste.
- Je suis un excellent DJ, je n’ai jamais osé franchir le pas, recevez-moi.
- Entendez-nous.
- Mettez-vous à la place de chaque type de personne qui vient chez vous. À quoi ressemble son expérience ? Continuez à demander des retours.
- Rendez les publics plus responsables de leur comportement.
- Écoutez les gens, autant les employé·es que les habitué·es. Respectez les gens comme vous aimeriez être respecté·es, et surtout apprenez de vos erreurs.
- Gardez les prix accessibles et ne vous concentrez pas uniquement sur les publics riches.
- Par pitié, abusez moins sur les prix, faites attention à la sécurité et aidez les gens. Je sais que c’est compliqué, mais généralement vous faites du bon boulot.
- Réduisez les coûts et soutenez les artistes émergents. Sans artistes émergents, il n’y a pas de scène.
- Même chose.
- Prenez plus de risques artistiques. Investissez dans les lieux underground.
- Ne gentrifiez pas notre culture.
- Il vaut mieux 10 000 personnes et une bonne ambiance que 80 000 dont les trois quarts viennent par effet de mode et pas par passion.
- Arrêtez de vouloir faire des événements énormes. On préfère les petits festivals avec des artistes underground.
- Aux clubs : misez sur la lumière, mais pas trop. Trop de lumière tue l’ambiance, surtout en soirée techno. Attention aussi à l’overcrowding : on aimerait plus d’espace pour danser.
- Prenez des positions politiques, qu’elles soient environnementales ou économiques. Défendez le secteur artistique, poussez les politiques locales à évoluer, et encouragez plus d’inclusion et de diversité.
- Écoutez ce que l’on a à dire pour votre survie.
- Bon courage, surtout en France. Tout devient compliqué. Ne vous perdez pas dans la facilité. Soyons plus intelligents et travaillons en équipe.
- Merci de nous offrir ces espaces de culture, de rencontres et de liberté. Merci à celles et ceux qui se battent pour nous faire découvrir ou rendre accessibles des artistes incroyables. Mais honte à celles et ceux qui explosent les jauges pour faire du chiffre, qui méprisent le public, qui mentent sur la sécurité, le no photo, les prix ou la qualité des line-ups. Nous vous voyons, et nous nous rappellerons.
- Arrêtez de rendre l’entrée aussi chère et laissez tout le monde profiter.
- Merci d’offrir un lieu au monde où l’on peut s’échapper quelques heures ou quelques jours.
- Merci pour tous les efforts et le travail que vous faites pour organiser ces événements. Mais est-ce que privilégier des artistes tout aussi bons et moins connus ne vaudrait pas mieux qu’un headliner qui peut vous mettre en stress financièrement ? Les headliners attirent du public, mais la diversité artistique fait aussi l’originalité d’un événement.
- Arrêtez de faire ça pour l’argent.
- Favorisez des artistes avec des cachets moins élevés, mais qui restent de très bons artistes. Si moins de festivals ou clubs bookaient des gros headliners aux cachets exorbitants, peut-être que les choses changeraient.
- Baissez le prix de l’alcool. Les prix exorbitants poussent aussi certain·es vers d’autres consommations. Il y a un enjeu de santé publique et il faudrait trouver un compromis.
- Les gens veulent juste danser et passer un bon moment. On n’a pas besoin de headliners à plusieurs millions, de scènes fancy ou de feux d’artifice. On a besoin d’un environnement agréable, safe, avec des visages amicaux et du bon son.
- Repolitisez vos événements, mettez un stop aux vidéos et photos, bannissez les comportements toxiques.
- Les gros artistes font des braquages organisés tolérés. Mais la musique fonctionne par cycles, alors on espère un renouveau ou une prise de conscience.
- Ne faites pas la course à la plus grosse line-up si c’est pour nous allumer sur les prix d’année en année.
- Écoutez-nous davantage. On se plaint beaucoup, mais ils font les aveugles.
- Pour celles et ceux qui pensent réellement à l’expérience des participant·es : merci. Pour celles et ceux qui veulent seulement faire du chiffre : c’est triste de vider de leur substance des événements qui étaient des sources de bonheur, de partage et de découverte.
- Comment justifier les prix pratiqués ? Pourquoi faire moins de publicité pour des soirées sans gros headliners, alors que la différence de public entre les soirées avec et sans est évidente ?
- Moins de flicage rend toujours un événement plus chill dans l’esprit de tout le monde.
- Regardez ce que les clubs berlinois ont fait pendant des années et inspirez-vous de leurs réussites, horaires compris.
- Une tendance explose d’un coup puis s’épuise, alors qu’une communauté se construit et s’entretient sur le long terme. Aujourd’hui, on veut une vraie identité des soirées, des agences et des clubs. On cherche une diversité des genres, pas seulement ce qui rapporte le plus à un moment donné. Respectez-nous et écoutez-nous si vous voulez qu’on continue à venir.
- Faites plus attention à la sécurité. Entre les piqûres et les personnes insistantes, il n’est pas normal de se sentir obligé·e de sortir avec des amis hommes pour se sentir en sécurité.
- Certains headliners ne méritent pas forcément leurs cachets. Il faudrait arrêter de toujours les privilégier et mettre en avant les artistes qui sont vraiment bons dans ce qu’ils font.
- La fête se meurt, pas parce que les gens ne veulent plus la faire, mais parce que vos intérêts économiques vous poussent à nous voir exclusivement comme des portefeuilles en oubliant la dimension artistique de ces événements.
- On n’a pas d’argent, les temps sont durs. Mettre en avant des artistes locaux, c’est s’assurer qu’on connaisse la scène où l’on évolue, et permettre de sortir plus facilement et moins cher.
- Arrêtez de ne penser qu’au résultat financier. Impliquez-vous davantage. Participez à la vie politique locale, arrêtez de vous concurrencer entre clubs et unissez-vous pour garder la nightlife vivante et accessible. Vous allez vous tuer vous-mêmes, et les rares qui survivront seront rattrapés par l’immobilier et les nouveaux développements.
- En club, dégagez les mecs problématiques qui gâchent la soirée de tout le monde, prennent toute la place et se fichent des autres.
- N’abandonnez jamais.
- Prenez moins de gros artistes et baissez vos prix. On se passera très bien de certains grands noms, ne vous en faites pas.
- Moins d’uptempo, plus de psytrance, tribe, mentacore et acidcore.
- Plus de prévention et de réduction des risques, moins d’agents de sécurité qui se prennent pour des cowboys.
- Bookez plus de DJs techno et moins de hard techno, s’il vous plaît.
- Arrêtez avec votre délire marketing no photo/no video quand on va être filmé·es en 4K par une armée de vidéastes. L’intérêt du no photo/no video, c’est d’avoir un espace où ce qui se passe dedans reste dedans. Si on est filmé·es et diffusé·es à notre insu sur Instagram, surtout toujours les mêmes profils mis en avant, c’est hypocrite.
- Arrêtez d’accepter de booker des artistes hors de prix. On est fatigué·es de payer.
- Payer un ticket trois fois plus cher pour être derrière le DJ, ça ne fait pas partie de la culture.
- Créer une culture club et un espace de fête, ce n’est pas reproduire un feed Instagram ou dérouler le tapis rouge aux mecs problématiques. Les moments seraient plus mémorables si l’on cherchait à créer un vrai moment, une vraie représentation, plutôt qu’une rentabilité. C’est déprimant de simplement “consommer la fête”. N’oublions pas d’où vient cette culture.
- Ayez moins peur de la nouveauté, tentez des choses. Je suis aussi de tout cœur avec vous : les financements et les modèles économiques deviennent de plus en plus difficiles à tenir avec tout ce qui augmente.
- Bravo pour tout votre travail.
- Aux clubs : ne programmez pas l’artiste principal à 4h du matin. Je préfère les soirées qui commencent plus tôt.
- N’oubliez pas les valeurs de la musique électronique.
- Arrêtez d’être génériques. Bookez plus de live acts, faites un vrai travail de digging musical, respectez les racines et diffusez de l’amour.

