Le son qui tue : quand les notifications deviennent un morceau électro contre le téléphone au volant

Chaque Français reçoit en moyenne plus de 80 notifications par jour. Sur la route, ces interruptions constantes ont des conséquences bien réelles. En 2024, l’usage du téléphone est impliqué dans 24 % des accidents corporels en France, soit 419 morts et plus de 56 600 blessés.

Face à ces chiffres, l’association Victimes & Citoyens lance une nouvelle campagne intitulée Le son qui tue. Son principe est simple : transformer les sons de notifications en un morceau électro, avant d’en révéler la signification.

Un morceau construit à partir de WhatsApp et Insta

Le titre, baptisé Life is Calling, a d’abord été mis en ligne sur les plateformes de streaming sans explication particulière. Il s’agit d’un morceau électronique entraînant, entièrement composé à partir de sons de notifications : WhatsApp, Instagram, sonneries d’appel et autres alertes familières.

Quelques jours plus tard, le message est dévoilé. Le morceau est composé des mêmes sons qui, au volant, contribuent chaque année à des centaines de morts sur les routes françaises.

Le projet a été développé avec l’artiste SAINT X, producteur français basé à Barcelone. En décomposant et retravaillant ces sons du quotidien, il en a fait une mélodie électronique mémorisable, construite à partir d’éléments que nous associons d’ordinaire à l’urgence numérique.

« Au volant, aucune notification ne vaut une vie », rappelle Julien Thibault, président de Victimes & Citoyens.

Utiliser les codes du streaming pour faire passer un message

La campagne ne repose pas uniquement sur la composition du morceau. Pour la première fois dans un projet de musique électronique, les fonctionnalités Spotify ont été intégrées au dispositif de prévention.

Le Canvas, ces vidéos en boucle visibles pendant l’écoute, ainsi que l’espace Lyrics, ont été utilisés pour révéler progressivement le message. La plateforme ne sert donc pas uniquement de support de diffusion, mais devient un outil narratif à part entière.

Aujourd’hui, le streaming structure la consommation musicale et détourner ces formats permet de toucher un public habitué à découvrir la musique à travers son écran.

Une campagne pensée pour les jeunes conducteurs

Orchestrée par Monks.Paris, la campagne cible en priorité les 17–24 ans, une génération particulièrement exposée à l’hyperconnexion et aux usages intensifs du smartphone.

Le dispositif comprend :

– la diffusion du morceau sur les plateformes de streaming
– un relais par des influenceurs
– un reveal éditorial mené par Brut
– une campagne d’affichage nationale avec 1 000 faces JCDecaux invitant à découvrir le titre via QR code

https://www.instagram.com/reel/DUunoiEj8Up/?utm_source=ig_web_copy_link&igsh=MzRlODBiNWFlZA==

Un an après la campagne Conduisez comme une femme, Victimes & Citoyens poursuit une stratégie qui consiste à utiliser les codes culturels et médiatiques contemporains pour aborder des enjeux de sécurité routière.

Ici, la culture électro devient outil de prévention

L’intérêt de Life is Calling tient au déplacement qu’il opère. Plutôt que d’ajouter un message de prévention de plus dans le flux médiatique, la campagne passe par la musique elle-même.

Les sons que nous associons à la connexion permanente sont devenus automatiques. Les entendre transformés en morceau oblige à les reconsidérer.

Dans un contexte où 80 % des Français reconnaissent utiliser leur téléphone au volant, la question n’est pas seulement technologique, elle est comportementale.

La musique électro, souvent associée à la fête et à l’innovation sonore, devient ici un vecteur de prévention. Le message est direc, aucune notification ne justifie de détourner les yeux de la route.