
Une étude à l’initiative du Syndicat des musiques actuelles, du réseau LiveDMA et de l’Organisation européenne Reset Network dresse la cartographie de la concentration économique dans le secteur européen de la musique live. Cette dernière est divisée en deux cartes : l’une concerne les salles de musique et l’autre les festivals. Elle est issue du travail du chercheur indépendant Matthieu Barreira, spécialisé sur les questions économiques du secteur de la musique.
200 festivals appartiennent à 4 groupes

Ils révèlent que 200 festivals en Europe et au Royaume-Uni appartiennent à 4 grands groupes privés : Anschutz Entertainment Group (AEG), Live Nation, CTS Eventim et Superstruc. Superstruct notamment, détient les festivals Awakenings, Monegros ou encore Upclose. Si le phénomène de concentration dans la musique n’est pas nouveau, il tend à s’accélérer ces dernières années à cause de la démultiplication des fusions & acquisitions menées par des grandes entreprises et des fonds d’investissement privés.
Tout un écosystème déstabilisé

Cela menace la diversité des scènes musicales européennes. En effet, cette concentration se masse principalement sur les stades et arenas, ce qui fragilise l’écosystème des petites et moyennes salles qui sont le plus souvent associatives ou indépendantes. D’autant que ces mêmes quatre groupes possèdent aussi les plateformes les plus répandues en matière de billetterie, dictent les pratiques tarifaires. Live Nation, par exemple, détient la plateforme SeeTickets. Ces groupes brassent donc une grande quantité des revenus de la musique live et sont en forte croissance.
Un impact sur la diversité
Cela risque d’influencer les politiques des salles de concert et festivals : si un groupe ne détient pas d’actions dans une structure, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’a pas d’influence. Notamment au vu de leurs activités de programmation, billetterie, sponsoring, ainsi que de leur rôle au sein des conseils d’administration. Les organisations soulignent l’importance de régulations au niveau européen pour garantir la pérennité des petites structures et, par là, la diversité culturelle.
Deux poids, deux mesures
La conjoncture des décisions politiques, des pressions économiques et des dynamiques de marché favorise la croissance des oligopoles de l’industrie musicale. Face à cela, les petites structures sont à bout de souffle. En effet, ce sont ces dernières qui portent les talents émergents sur le devant de la scène. Cela se fait nécessairement au prix d’une prise de risque financier et de marges minimes sur le prix de vente des entrées. Tout cela, dans un contexte de coupes budgétaires de la culture et d’inflation. Rien qu’en région parisienne, nous allons compter la fermeture de deux tiers-lieux culturels capitaux pour la scène des musiques électroniques : le Sample à Bagnolet et la Cité fertile à Pantin, avant la fin de 2026.

