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Dans la musique électronique, on adore débattre. Du bon BPM, du bon club, du bon public,qui ne l’est plus de ce qui est « underground », de ce qu’est la techno ou non,  qui ne l’est plus. 

Alors, pour une fois, faisons l’inverse. Voici nos 10 non-négociables à Clubbing TV. (on va débattre un peu rassurez-vous, mais juste un peu)

1. La techno vient de Detroit. Point.

Berlin a donné à la techno certains de ses clubs les plus mythiques. L’Europe a participé à son explosion mondiale. Mais son histoire commence à Detroit, son histoire c’est Detroit. 

Dans les années 1980, Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson  les fameux Belleville Three participent à la naissance d’un nouveau son construit entre machines électroniques, funk, futurisme et différentes influences européennes. Juan Atkins est aujourd’hui régulièrement présenté comme l’un des pères fondateurs de la techno.

On peut discuter pendant trois heures de la meilleure époque de la techno, du style le plus puriste, oui oui on sait. Pas vraiment de son lieu de naissance.

2. Si le système son est nul, la soirée est nulle. Point.

Tu peux avoir un line-up incroyable, une scénographie parfaite et un lieu exceptionnel : si le son est agressif, ou pire que ça grésille, c’est vraiment un no go. Le piiiiireeeee c’est le schranz avec un système son pourri, c’est terrible, on peut pas faire pire. 

La musique électronique est aussi une musique physique. On ne vient pas entendre un morceau que l’on aurait pu écouter au casque chez soi. On vient sentir une basse, percevoir les détails d’un mix, comprendre les transitions et vivre le son collectivement. Alors vos, si t’as pas les moyens d’avoir un bon sound system, ne fais pas payer les gens pour tes soirées. Le soundsystem fait partie de la soirée. 

3. 30 € pour un ticket, c’est beaucoup. Point.

Oui, produire une soirée coûte cher. Louer un lieu, payer les artistes, les techniciens, la sécurité, le personnel, le système son 😉 et toute la production a un prix.

Mais il faut aussi pouvoir dire qu’une soirée à 30 balles juste pour rentrer sachant qu’aprés il faut payer les consos, les éventuels uber, ce  n’est plus accessible à tout le monde. ALors que la culture devrait être ouverte à tous. 

Dire qu’un billet à 30 € (et on parle en early hein)  est cher ne signifie pas que toutes les soirées devraient coûter 10 €. Mais faut pas exagérer non plus. 

4. Il n’existe pas de tenue « techno ». Point.

Lunettes noires. Total look black. Lunettes futuristes. Harness. Bottes militaires.Internet a construit une sorte d’uniforme visuel de la techno. Et évidemment, chacun est libre de l’adopter s’il l’aime. Le problème c’est plus de l’adopter comme déguisement parce que c’est super trendy. Franchement ça met mal à l’aise. 

La techno n’est pas un dress code. Pendant des décennies, ses différentes scènes ont été traversées par des esthétiques complètement différentes, de Detroit à Berlin en passant par Londres, Paris ou Tbilissi. Réduire cette culture à un pantalon cargo noir et une paire de lunettes Oakley est probablement l’une des conséquences les plus terrible de son passage sur TikTok.

Habille-toi comme tu veux. Ca devrait suffire.

5. La house, c’est génial. Arrêtez avec vos 160 BPM minimum. Point.

C’est quoi le problème avec la house ? Aimer la musique électronique et s’y intéresser pour de vrai c’est aussi se renseigner sur ses pionniers, ses fondements, son histoires, ses tracks mythiques. Même si ce n’est pas notre style de prédilection. C’est pas parce que t’aime la hard techno que la house doit en prendre autant pour son grade. Et puis mince …on dit pas j’aime pas avant d’avoir goûté. ( et surtout on dit pas c’est de la merde parce que là on va se fâcher)

6. Plus c’est long, plus c’est bon. Point.

On parle évidemment des sets hein.  

Une heure peut être parfaite pour un festival, un bon fast food parfois c’est cool c’est fun. Mais est-ce que t’as déjà mangé un bœuf bourguignon mijoté pendant des heures ? Donnez trois, quatre, six heures à un excellent DJ et là c’est autre chose. Dédicace à Sven väth qui estime qu’ à partir de 12h de mix, ça devient un peu intéressant. 

Tout n’a pas besoin d’être immédiatement spectaculaire. Laisser un DJ prendre son temps est presque devenu un luxe.

7. Les clubs et les raves ont toujours été des espaces importants de liberté LGBTQIA+. Point.

Ce n’est pas une réécriture contemporaine de l’histoire de la nightlife.

Bien avant que la musique électronique ne devienne une industrie mondiale, les bars, clubs et dancefloors ont constitué des espaces de rencontre et d’expression pour les communautés LGBTQIA+. Le disco lui-même s’est développé notamment dans des clubs underground fréquentés par des communautés noires, latino et gays avant son explosion commerciale.Cette histoire compte et voir ses espaces se réduire par la présences de gens mal intentionnés. C’est non. 

On peut évidemment faire la fête sans connaître chaque chapitre de l’histoire de la club culture. Mais lorsque l’on entre dans ces espaces, c’est bien de se rappeler que certaines des libertés que l’on considère aujourd’hui comme évidentes ont longtemps dû être conquises. Merci à eux. 

8. Une tenue n’est jamais une invitation. Point.

Tout est dit. 

9. Le racisme, l’homophobie, la transphobie et l’extrême droite n’ont rien à faire dans la culture rave. Point.

L’histoire de la nightlife LGBTQIA+ montre d’ailleurs que ces lieux ont longtemps existé dans un contexte de discrimination, de descentes policières et parfois de criminalisation pure et simple. Cela veut simplement dire qu’il est assez étrange d’emprunter l’esthétique, la musique et les codes de cultures nées en partie dans ces espaces tout en rejetant les personnes qui ont contribué à les construire. Donc dehors. 

10. Les afters en appart, c’est rarement une bonne idée. Point.

Il est 7 h 34. T’as le choix entre continuer la soirée en allant dans un appart douteux à une 1h10 de chez toi. Six personnes veulent continuer. Trois autres disent qu’elles viennent « juste vingt minutes ».  Bah c’est à ce moment là qu’il faut savoir partir en fait. 

Bien sûr, il existe des afters légendaires.

Bien sûr parfois on se laisse tenter.

Bien sûr, quelque fois ça vaut le coup.

Mais la plupart du temps c’est pas du tout le cas, on continue de boire et de consommer. On repousse le moment de rentrer seul chez toi, on angoisse.

Rentre chez toi, tu te remercieras. 

Dormir est toujours la meilleure option. 

Point.