Installé à Montreuil depuis septembre, le club revendique la continuité d’un engagement déjà affiché dans son ancienne incarnation parisienne (l’inter) parler frontalement des sujets qui traversent la nuit.

Récemment, cet engagement a été mis à l’épreuve. À quelques jours d’intervalle, deux cas de soumission chimique ont été signalés au sein de l’établissement. Dans les deux situations, les victimes ont pu alerter rapidement leurs proches ainsi que l’équipe sur place.

Depuis l’ouverture du lieu à Montreuil, c’est une première.

De quoi parle-t-on exactement ?

La soumission chimique désigne le fait d’administrer à une personne, à son insu, une substance psychoactive dans le but d’altérer sa conscience ou son discernement. Les produits peuvent être variés : médicaments détournés, drogues de synthèse, alcool fortement dosé. L’objectif est toujours le même : rendre la victime vulnérable.

En droit français, l’administration de substances nuisibles à l’insu d’une personne constitue un délit. Lorsqu’elle est suivie d’une agression sexuelle ou d’un viol, les faits relèvent du crime, passible de lourdes peines pouvant aller jusqu’à 15 ou 20 ans de réclusion criminelle selon les circonstances. La tentative est également punissable.

Il ne s’agit pas d’un incident banal ni d’un simple “débordement de soirée”. C’est une infraction pénale grave.

Un lieu nocturne peut-il garantir le risque zéro ?

Un club, par définition, est un espace de circulation, d’alcool, de densité humaine. Le risque zéro n’existe pas. Affirmer le contraire serait illusoire. Le 100% safe n’existe pas et s’il est avancé par des évènements, c’est un gros red flag!

Cela ne signifie pas pour autant que rien ne peut être fait.

Au Chinois Montreuil, plusieurs mesures ont été renforcées à la suite des signalements :
– mise à disposition gratuite d’un dispositif de protection des verres au bar (film de scellage),
– nouvelle signalétique sur place et messages de prévention relayés sur les réseaux,
– travail de sensibilisation interne et réflexion continue sur les protocoles d’intervention.

L’équipe rappelle également des principes simples mais essentiels comme ne pas laisser son verre sans surveillance, rester attentif à ses proches, alerter immédiatement le staff en cas de doute ou de comportement suspect.

La prévention comme responsabilité partagée

La lutte contre la soumission chimique ne peut pas reposer uniquement sur les établissements. Elle implique l’ensemble de l’écosystème nocturne : organisateur-ices, artistes, équipes techniques, public.

La scène électro, historiquement pensée comme un espace d’émancipation et de liberté, est aussi traversée par des rapports de pouvoir et des violences systémiques. Ces dernières années, des collectifsont contribué à libérer la parole et à rendre visibles des situations longtemps minimisées dans le milieu. On vous invite à suivre METOODJS qui peut vous mettre à disposition des pros en cas de soumission chimique ou d’agression.

À Montreuil, le Chinois affirme vouloir inscrire sa démarche dans cette dynamique : ouvrir le dialogue, écouter les retours, ajuster les pratiques. Les personnes souhaitant partager des suggestions ou des expériences peuvent contacter l’équipe à l’adresse suivante : bonjour.lechinois93@gmail.com ou échanger directement sur place.