Le 14 mai au Jardin des Traverses à Paris, le média Partis Basses organise une conférence-débat autour d’une question de plus en plus sensible dans les musiques électroniques : faut-il encore s’engager politiquement, et comment ? Pensé dans le cadre du podcast Chroniques de la Nuit, l’événement réunira artistes, médias, collectifs et programmateurs avant de se prolonger par des DJ sets. English article here.

Dans les musiques électroniques, la question politique n’a jamais complètement disparu. Elle change de forme, se déplace, se heurte à d’autres réalités, mais elle reste là. Entre héritage rave, luttes féministes, préoccupations écologiques, montée de l’extrême droite et fatigue militante, de plus en plus d’acteurs de la scène se retrouvent aujourd’hui face à une même interrogation : faut-il prendre position, ou se taire ?

C’est précisément autour de ce dilemme que Partis Basses organise, le jeudi 14 mai, une conférence-débat au Jardin des Traverses, dans le 18e arrondissement de Paris. À l’initiative du média fondé par Anne Billoët, cette rencontre s’inscrit dans le prolongement du podcast Chroniques de la Nuit et entend ouvrir un espace de réflexion collective sur les formes contemporaines de l’engagement dans la scène électronique.

Plutôt que d’opposer frontalement engagement et neutralité, la discussion veut interroger les raisons, les hésitations et les contradictions qui traversent aujourd’hui le milieu. Pourquoi certains artistes, collectifs, médias ou lieux choisissent-ils de s’exprimer clairement ? Pourquoi d’autres préfèrent-ils s’abstenir ? Et que dit ce choix du moment politique actuel ?

Plusieurs intervenant·es issu·es de la scène prendront part à l’échange, parmi lesquels Vénus Club, Volteface, Deborah Aime La Bagarre, Emma Larbes Riitano du Sample, ou encore Groove Your Ass, festival antifasciste né à Montpellier. Ensemble, ils aborderont des sujets aussi variés que la programmation, l’antifascisme, l’écologie, la santé mentale, la responsabilité des médias ou encore les conditions d’une scène plus inclusive.

L’intérêt de cette rencontre tient aussi à son format. Après la discussion, la soirée se poursuivra avec des DJ sets FLINTA mêlant downtempo, amapiano et psych rock, dans un esprit qui prolonge la réflexion sans la figer. Le choix du Jardin des Traverses, tiers-lieu agri-culturel installé sur la Petite Ceinture, renforce d’ailleurs cette idée d’un événement pensé comme un espace de dialogue, de convivialité et d’expérimentation collective.

À un moment où la culture électronique est souvent racontée à travers ses line-ups, ses tendances ou ses succès commerciaux, cette initiative rappelle qu’elle peut aussi rester un lieu de débat, de positionnement et de friction politique. Et qu’au fond, la question n’est peut-être pas seulement de savoir s’il faut s’engager, mais ce que l’on accepte de laisser passer quand on ne le fait pas.