
On danse sur leurs tracks, mais qui connaît leurs noms ?
Dans un club, la lumière va presque toujours vers le DJ. Sur les réseaux c’est la même chose. Il n’y en a que pour elleux. Et ça commence à en agacer certain-es.
Et non, on ne parle pas des boomers ni des aigris de la scène, mais bien de celles et ceux qui sans qui les DJs ne seraient…rien.
Aujourd’hui, le focus est sur les producteur-ices.
On oublie souvent que sans producteur-ices pas de tracks et sans tracks pas de DJs. Et il semble important de préciser que l’inverse ne fonctionne pas.
Une chambre, un home studio, des heures seul-e devant un écran, des décisions minuscules, des essais ratés, des sons retravaillés jsuquà l’épuisement.
Et parfois, à la fin, un track qui marche, qui fait réagir un public, qui nourrit un set, une vidéo virale, une carrière, sans que la personne qui l’a fabriqué en retire grand chose.
C’est ce que racontent les 29 réponses à notre enquête sur les réalités des producteur-ices dans la scène électro actuelle. L’échantillon n’a pas vocation à représenter toute l’industrie. Il parle de fatigue, de frustration, d’impression de décalage entre la valeur créée par la production musicale et la reconnaissance concrète qui revient aux producteur-ices.
Produire beaucoup, gagner peu
La première fracture est économique. Parmi les répondant-es, produire est une activité régulière, parfois centrale, mais rarement suffisante pour vivre. Sur 26 personnes ayant répondu à cette question, 17 disent produire régulièrement sans que cela constitue leur principale source de revenus. Seules 7 déclarent que la production représente une part importante ou principale de leurs revenus. Le chiffre donne une image assez nette du paradoxe : la production nourrit la scène, mais elle nourrit beaucoup moins souvent celleux qui produisent.
Ce déséquilibre se retrouve dans la perception de la rémunération. Près de deux tiers des répondant-es, soit 66 %, estiment que les producteur-ices ne sont pas ou pas du tout justement rémunéré-es. Dans les réponses ouvertes, les mêmes réalités reviennent : le temps passé en studio, le matériel, les logiciels, le mix, le mastering, la promotion, la distribution, les revenus faibles ou incertains. Produire demande d’investir avant même de savoir si le morceau sera écouté, joué, acheté ou correctement identifié. Un-e répondant-e résume cette lassitude en une phrase sèche :
« Tout ce que je crée est à perte«

Le streaming concentre une grande partie du problème. À la question de savoir si le modèle actuel reflète la vraie valeur du travail de production, aucun-e répondant-e ne répond positivement. 17 personnes répondent « non », 12 « pas du tout ». Le streaming apparaît comme un showroom presque obligatoire, utile pour exister dans les radars du public et des médias, mais incapable de rémunérer correctement le travail. Denis Carter Underwood le formule ainsi : « Le streaming fonctionne davantage comme un outil de promotion que comme une source de revenus réelle. » Emilio Menardi raconte de son côté avoir « quelques centaines de milliers de streams sur Spotify » sans que cela lui ait rapporté « beaucoup d’argent ».

Dans ce paysage, Bandcamp revient comme une exception relative. 16 répondant-es sur 29 la citent parmi les plateformes perçues comme les plus justes ou rémunératrices, devant Beatport, SoundCloud ou Spotify. La plateforme semble incarner une relation plus directe avec l’auditeur-ice, où l’achat d’un morceau garde une valeur symbolique et matérielle. Elle ne règle pas tout, mais elle donne le sentiment qu’un geste simple existe encore. On peut payer pour une musique et permettre à la personne qui l’a créée de recevoir une part plus lisible de cet argent.

Quand les tracks voyagent sans leurs auteur-ices
L’autre grande blessure concerne le crédit. Dans la musique électronique, un morceau peut beaucoup voyager. Il peut passer dans un club, être rejoué dans un festival, apparaître dans une story, ouvrir un podcast, devenir un moment qui buzz d’un set filmé. Mais son nom, lui, ne voyage pas toujours avec la même facilité. 17 répondant-es sur 29 disent avoir déjà travaillé sur une musique qui a généré de la visibilité, des opportunités ou des revenus surtout pour d’autres. Ce chiffre touche à quelque chose de très problématique dans la scène (et on en a déjà parlé), la différence entre faire circuler un track et de donner le nom de la personne qui l’a créée.

Nicolas pointe le problème de manière très simple :
« Le public n’a pas toujours conscience qu’il écoute la musique de producteurs tiers quand il écoute un DJ. »
Dans certains podcasts publiés sans tracklist, ajoute-t-il, « le seul nom qui apparaît est celui du DJ. » Le constat revient sous plusieurs formes dans l’enquête. Quand un morceau est joué sans être crédité, l’artiste perd plus qu’une mention, iel perd une possibilité d’être découvert-e et donc booké-e. Le crédit devrait être obligatoire!
Concrètement, les expériences racontées suivent souvent le même scénario. Une track produite dans sa chambre finit par vivre ailleurs, dans un set, un podcast, un reel ou une vidéo de club, mais le nom de la personne qui l’a fabriquée disparaît au moment où la visibilité arrive. Un répondant décrit très clairement cette scène :
« Un DJ joue ton track en club, le public réagit, les applaudissements tombent, il booste sa notoriété […] et pendant ce temps toi tu regardes ça depuis chez toi sans que ton nom soit mentionné une seule fois. »
D’autres parlent de podcasts publiés « avec aucune playlist », où « le seul nom qui apparaît est celui du DJ », ce qui laisse croire au public que la personne derrière les platines est aussi celle qui a créé la musique. Plusieurs témoignages évoquent aussi des morceaux joués ou téléchargés par des artistes très connu-es « qui jamais n’ont mentionné mon travail », des vidéos où « de nombreux commentaires demandent le titre du son » sans que le ou la producteur-ice soit crédité-e, ou encore des DJ sets en ligne « sans tracklisting ». Pour certain-es, l’effacement peut prendre la forme de morceaux repris, de remixes non officiels présentés comme des originaux, ou de propositions de ressortir une track déjà sortie sous forme de collab, comme si la visibilité d’un nom plus connu pouvait reconfigurer la propriété du morceau.
La question n’oppose pas simplement les DJ aux producteur-ices. Beaucoup de personnes ayant répondu sont les deux à la fois. Elles savent ce que signifie que digger et construire un set. Mais elles savent aussi ce que représente le travail de studio. Leur frustration vise plutôt une culture de la visibilité où la personne qui joue est beaucoup plus facilement identifiée que celle qui compose. Une réponse anonyme le dit :
« C’est s’approprier et capitaliser sur le travail des autres… sans producteurs il n’y a pas de DJ.«

Cette invisibilité est largement ressentie. 90 % des répondant-es pensent que les producteur-ices sont traité-es comme une main-d’œuvre invisible, que ce soit souvent ou parfois. Le mot main-d’œuvre est dur, mais il dit bien la sensation qui traverse l’enquête. Il faut être indispensable à la fabrication du son, tout en restant secondaire dans la manière dont la scène raconte sa propre histoire.
Une scène obsédée par l’image
Le manque de reconnaissance se joue aussi dans la manière dont la scène électronique se montre. Les réseaux sociaux sont l’espace le plus cité lorsque les répondant-es identifient les lieux où l’effacement des producteur-ices est le plus visible. Les médias arrivent juste derrière, puis la culture DJ. Ces réponses racontent une époque où la musique doit de plus en plus produire des images pour exister.

Le studio, pourtant, se prête mal à cette logique. Le travail de production est lent, répétitif, parfois solitaire. Il ne donne pas toujours une vidéo spectaculaire aux gens, aux followers. l est fait de détails, de doutes, de sons déplacés d’un millimètre, d’écoutes au casque, de V12 qui ne sortiront jamais. C’est un travail discret qui est difficile à valoriser dans la scène.
Emilio résume cette tension avec amertume : « Le nombre d’abonnés sur les réseaux est devenu plus important que la qualité de la musique.« Beaucoup de producteur-ices sentent qu’il ne suffit plus de faire de bons tracks. Il faut aussi savoir se rendre visible, comprendre les codes des plateformes, alimenter un récit permanent autour de soi. Il faut se vendre. La musique devient parfois une partie d’un ensemble plus grand, où l’image, le réseau social et la capacité à capter l’attention pèsent plus que le son lui-même.

Ce rapport à l’image modifie aussi la manière dont les carrières se construisent. Un track peut être puissantet rester peu visible si la personne qui l’a produite n’a pas les bons relais. À l’inverse, un set filmé, un extrait viral ou une présence très forte sur les réseaux peut créer une reconnaissance plus rapide que des années de production. Attention, l’enquête ne condamne pas la visibilité en soi. Elle montre plutôt le souci d’une scène où le travail musical le moins spectaculaire mais le plus important reste souvent le moins récompensé.
Labels, contrats, plateformes : une chaîne de valeur opaque
Les labels occupent une place ambivalente dans les réponses. Certain-es producteur-ices les perçoivent comme des soutiens nécessaires, capables d’apporter une direction artistique, une communauté, une distribution, une crédibilité. D’autres y voient une zone grise, marquée par des contrats peu lisibles, des revenus difficiles à suivre et une promotion parfois insuffisante. À la question de savoir si les labels font assez pour protéger et mettre en avant les producteur-ices, seules 2 personnes sur 28 répondent clairement « oui ». La moitié répond que cela dépend du label.
Cette nuance est importante. Les répondant-es ne décrivent pas tous les labels de la même manière. Certain-es parlent de structures sérieuses, attentives, capables d’accompagner les artistes avec respect. Mais l’enquête montre aussi combien la dépendance à la visibilité peut fragiliser les producteur-ices. Quand une sortie sur un label devient une porte d’entrée vers un public, un réseau ou des bookings, il devient plus difficile de refuser un deal déséquilibré.
Aloys formule très bien cette mécanique :
“Sur le moment, on se dit que c’est important de savoir accepter des deals inégaux pour profiter d’une visibilité ou d’une audience extérieure à la nôtre. Mais tout mis bout à bout, on n’avance pas plus finalement.”
La phrase dit la logique d’usure qui revient souvent dans les réponses. Chaque compromis peut sembler acceptable isolément. Avec le temps, l’accumulation crée une impression de stagnation. Beaucoup de musique sortie, beaucoup d’énergie donnée, peu de retour concret.

Les plateformes participent aussi à cette opacité. Entre streaming, distribution digitale, droits d’auteur, ventes, royalties et contrats, la chaîne de valeur devient difficile à lire pour de nombreux artistes. Quand l’argent arrive, il arrive tard, parfois sous forme de montants faibles, parfois sans explication suffisamment claire. Quand il n’arrive pas, il faut souvent savoir où chercher, qui relancer, quels droits réclamer. Pour des producteur-ices déjà pris-es entre création, promotion, travail alimentaire et vie personnelle, cette charge administrative ajoute une fatigue supplémentaire.
Les droits sont collectés, mais où vont-ils vraiment ?
Sur la question des droits, les réponses font émerger la même critique à savoir que les producteur-ices ne demandent pas seulement que les institutions collectent davantage, mais qu’elles expliquent mieux ce qu’elles collectent, comment elles le répartissent, et pourquoi une partie de la musique électro semble encore passer entre les mailles du système. “Je voudrais savoir exactement comment les droits sont calculés et distribués”, résume Denis Carter Underwood, qui pointe des relevés souvent opaques et tardifs. Cette demande de clarté revient aussi dans des réponses plus directes : “Avoir plus de détails sur le revenu qu’ils nous versent chaque année, c’est assez obscur…” ou encore “Beaucoup beaucoup beaucoup plus de transparence. Il n’y a pas de barème clairement défini.” On retrouve une même frustration, d’artistes qui ont l’impression que leur musique circule sans pouvoir suivre précisément la valeur qu’elle génère.
Le problème semble particulièrement sensible dans les clubs et les festivals, où l’identification réelle des morceaux joués reste un enjeu central. “Il faudrait améliorer le système de détection des titres joués en club et en festival”, écrit une répondante. Nicolas raconte qu’au moment de son inscription à la SACEM, on lui avait présenté l’installation de boîtiers capables d’identifier automatiquement les morceaux joués et de mieux répartir les fonds collectés. Son constat, aujourd’hui, est beaucoup plus amer : “Actuellement, la collecte fonctionne bien mais la redistribution laisse à désirer.” Aloys va encore plus loin, en interrogeant directement la logique du système : “Est-il normal qu’aujourd’hui, en discothèque, les rémunérations SACEM soient envoyées au top 100 ou 200 des morceaux les plus joués sur le mois plutôt qu’aux morceaux réellement joués ?” On est dans un milieu où les DJs jouent souvent des morceaux indé, rares, autoproduits ou sortis sur de petits labels. La redistribution basée sur des classements généraux peut invisibiliser précisément les artistes que les clubs font vivre chaque week-end.
Au fond, les messages adressés à la SACEM, à la BUMA et aux autres organismes de gestion collective tournent autour d’une demande de se mettre à hauteur de la réalité électronique actuelle. Cela veut dire (selon les personnes interrogées) simplifier les démarches, mieux détecter les morceaux joués, rendre les calculs lisibles, accélérer les paiements et traiter les producteur-ices indépendant-es comme des ayant-droits pleinement légitimes. Certain-es le formulent avec colère, d’autres avec fatigue, mais si les institutions collectent au nom de la musique, elles doivent aussi être capables de retrouver celleux qui la fabriquent vraiment.
L’épuisement invisible des producteur-ices
La partie la plus intime de l’enquête concerne l’épuisement. 83 % des répondant-es disent avoir déjà ressenti une fatigue émotionnelle ou créative liée au manque de reconnaissance. 16 personnes sur 29 répondent que cela leur arrive souvent. Le manque de reconnaissance atteint aussi la manière dont les artistes doutent.
Denis Carter Underwood décrit la solitude du métier : « C’est un métier profondément solitaire. Tu passes des heures seul dans un studio à prendre des décisions que personne ne verra jamais. » Cette phrase replace la production dans sa réalité. Avant d’être un fichier envoyé à un label, un track est une suite de choix invisibles. Quand ces choix ne sont ni reconnus, ni nommés, ni rémunérés à leur juste valeur, la motivation peut s’user.
Une réponse anonyme ajoute une dimension essentielle : « Être une femme et devoir faire 200 fois plus d’efforts pour être prise au sérieux. » Dans une scène où la légitimité technique reste encore trop souvent associée aux hommes, le manque de reconnaissance ne touche pas tout le monde de la même manière. Pour certaines personnes, il s’ajoute à d’autres formes de mise à l’écart, de doute imposé, de crédibilité constamment à prouver.
Les règles toxiques de la production
Les normes malsaines citées par les producteur-ices ressemblent souvent à une même injonction : accepter moins que ce que vaut réellement son travail, au nom d’une visibilité qui ne garantit rien. Plusieurs répondant-es parlent du fait de travailler gratuitement ou pour l’exposition, une logique que des répondants décrivent comme tellement normalisée que « des artistes contactent des producteurs en proposant de la visibilité comme monnaie d’échange ». Pour ellux, l’absurdité est évidente : « Dans aucun autre métier technique on accepterait ça. » Cette pression se retrouve aussi dans les prestations live « très peu rémunérées pour une pseudo visibilité » les sorties « sur label sans contrat », ou les « contrats non équitables » qu’il faudrait accepter pour ne pas disparaître du paysage.
D’autres pointent une économie où les producteur-ices doivent parfois payer pour être entendu-es :
« devoir payer pour être mis en avant ou être dans des playlists Spotify pour au final ne rien recevoir », écrit Manah.mp3,
qui dénonce aussi le « commerce malsain des influenceurs musique » autour des playlists. Les labels et intermédiaires reviennent souvent dans les réponses, avec des critiques sur les splits, le mastering payé par les artistes, ou « un abandon total des droits de diffusion au profit des labels ». Aloys résume ce déséquilibre: « certains labels « prennent 75% » tout en demandant aux artistes de financer eux-mêmes leur mastering, tandis que la difficulté à obtenir des dates pousse à accepter des deals défavorables « en espérant signer 3 bookings de plus ».
Derrière ces façons de faire économiques, les réponses font aussi apparaître des rapports de pouvoir plus violents : devoir « rester sous silence au risque de ruiner sa carrière », faire face à « l’égo masculin permanent », au sexisme, aux chantages ou à la peur d’être remplacé-e. La formule de Scorch condense peut-être le mieux cette impression d’étau : les producteur-ices sont trop souvent censé-es “accepter la précarisation totale tellement il y a de flingues sur la tempe.”
Alors qu’est ce qu’on veut?
De l’argggennnnnttt!
Dans les réponses, un écosystème plus sain ressemble d’abord à une scène où la reconnaissance ne dépendrait plus uniquement de l’image, du réseau ou de la capacité à devenir visible sur les plateformes. Plusieurs répondant-es appellent à remettre la musique au centre, avec « une mise en avant des tracklists par les DJs », des contrats signés sur les sorties label et une obligation minimale de crédit, « au moins tag l’artiste frr ».
Pour Denis Carter Underwood (très bon contributeur merci <3), cela passerait par « un système où le crédit du producteur est obligatoire et non négociable sur toutes les plateformes, tous les supports, tous les sets », mais aussi par une rémunération capable de permettre à un-e producteur-ice indépendant·e de vivre sans avoir besoin de « 10 millions de streams par an pour payer son loyer ». D’autres imaginent des solutions plus concrètes autour des droits : « si la SACEM faisait son travail correctement et redistribuait vraiment aux producteurs, ça irait mieux » écrit Nicolas, tandis qu’Axel propose « une IA qui reconnaît chaque play de la musique sur les réseaux ou en club et rémunère l’artiste ». Le désir d’un autre modèle passe aussi par une critique de la course aux chiffres : Manah.mp3 appelle à « revenir à quelque chose de moins visuel et quantitatif mais plus qualitatif », et Océane plaide pour « plus d’ouverture d’esprit, plus d’authenticité, moins de course à vouloir ressembler à tout le monde ». Derrière ces propositions, on veutun écosystème durable qui ne serait pas seulement mieux payé, il serait plus lisible, plus juste, plus curieux, moins obsédé par la performance sociale et plus attentif au travail réel derrière les morceaux.
Les producteur-ices veulent être nommé-es quand leurs morceaux sont joués. Iels veulent des tracklists, des tags, des contrats compréhensibles, des répartitions plus transparentes, des labels plus protecteurs, des médias plus attentifs, des plateformes moins déconnectées de la valeur réelle du travail musical. La demande paraît simple mais elle touche à l’équilibre entier de la scène.
La musique électronique s’est construite sur la circulation : des morceaux qui passent de main en main, de club en club, de set en set. Cette circulation fait sa beauté. Elle permet à des sons produits dans une chambre de résonner devant des centaines de personnes. Mais elle ne devrait pas effacer celleux qui les ont créés.

